« Plus on commence tôt, mieux c’est », juge Serge Barbet, directeur délégué du Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI), qui coordonne les efforts du gouvernement. « C’est pour cela que nous militons pour davantage d’éducation aux médias ces dernières années. C’est devenu un besoin vital et une menace. »
La France a été parmi les premiers pays à reconnaître la nécessité d’une éducation aux médias et à l’internet. L’attentat contre Charlie Hebdo en 2015 avait mis en lumière une profonde méfiance ambiante à l’égard des médias ainsi qu’une vulnérabilité aux théories du complot circulant en ligne.
Les mesures apparaissent d’autant plus urgentes que les élections présidentielles américaines et françaises ont été l’objet de campagnes russes de désinformation, et que des théories du complot circulent au sujet des attentats de Paris et de Nice. Les récentes violentes manifestations en France contre les inégalités de revenus ont été coordonnées sur Facebook et d’autres réseaux sociaux, plateformes sur lesquelles des posts trompeurs ou des vidéos manipulées ont été « likées » et partagées des milliers de fois.
A l’étranger, les cours d’éducation à l’internet se multiplient également, souvent à l’initiative de groupes indépendants tels que le News Literacy Project aux Etats-Unis, un organisme financé par des fondations et des entreprises comme Facebook et Google. Des représentants de l’Union Européenne ont appelé ce mois-ci à développer des programmes de l’éducation nationale de manière à lutter contre la désinformation et la manipulation des élections.
Selon Renée Hobbs, professeure à l’Université de Rhode Island spécialisée dans l’éducation aux médias, la stratégie centralisée de la France est « assez unique » et « tout à fait remarquable ».
Mme Laffont, qui est journaliste de l’Agence France-Presse à Lyon, s’est jointe à cet effort après avoir co-fondé, en 2010, l’association Entre les Lignes . Destinée à l’enseignement du journalisme aux jeunes, l’organisation a rapidement étendu son terrain d’étude aux réseaux sociaux et aux « fake news » sur l’internet.
Le gouvernement a fait du programme proposé par Mme Laffont un modèle du genre et a soutenu son développement à hauteur de dizaines de milliers d’euros depuis 2017. Plus de 155 journalistes bénévoles participent désormais au projet, dont beaucoup travaillent au Monde. Environ 150 ateliers pour les jeunes ont été tenus cette année.
Article source: https://www.nytimes.com/fr/2018/12/13/technology/france-medias-desinformations.html?partner=rss&emc=rss
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